Exposition "Poison"

Palais de la découverte : du 10 octobre 2018 au 30 août 2019

Cette nouvelle exposition proposée par le Palais de la découverte à Paris dévoile au public une trentaine d’espèces vivantes, venimeuses ou vénéneuses, dans des terrariums fidèles à leurs milieux naturels. Au-delà de la fascination exercée par le poison comme par ses producteurs, l’exposition propose aux visiteurs de découvrir la dualité de l’arme biochimique la plus remarquable de la nature : le venin, une substance qui tue, qui immobilise, qui provoque de la douleur et de la peur… Mais cette substance peut aussi sauver des vies et offre de grandes perspectives à la recherche scientifique, qui se penche de plus en plus sur l’utilisation des substances actives pour créer de nouveaux médicaments.

 

Les molécules extraites de certains dendrobates pourraient ainsi servir d’analgésique, car deux cents fois plus puissantes que la morphine. Le venin d’un scorpion cubain a été utilisé expérimentalement pour détruire sélectivement des cellules cancéreuses. D’autres sécrétions pourraient avoir des propriétés relaxantes ou, au contraire, de stimulation cardiaque. Utilisées pour neutraliser des proies, les toxines agissent également et rapidement sur la coagulation sanguine, la pression artérielle, la transmission de l’influx nerveux. C’est donc en particulier dans ces domaines que ces molécules sont envisagées aujourd’hui comme des alliées potentielles de la médecine du futur.

L’exposition présente ainsi un ensemble remarquable de serpents, dont le redoutable mamba noir. La découverte par des chercheurs français [1] dans le venin de ce dernier de deux protéines appelées « mambalgines », aux propriétés analgésiques indéniables, fait figure d’avancée majeure. Testées avec succès sur la souris, elles sont aussi efficaces que la morphine, avec moins d’effets secondaires indésirables.

BIBLIOGRAPHIE

[1] S. Diochot et al., « Analgesic effects of mambalgin peptide inhibitors of acid-sensing ion channels in inflammatory and neuropathic pain », Pain, 157, p. 552, 2016.