Maintenance du site de l'UdPPC

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Réforme du lycée et du baccalauréat 2021

Toutes les publications de l'UdPPC sur ce thème : communiqués de presse, compte-rendus d'entrevues, analyses, infographies...

La réforme du Bac 2021 et du lycée ne doit pas sacrifier les sciences ! Lisez et signez la pétition !

Infographies : le cycle terminal d'après les annonces de J.-M. Blanquer

Que dit le rapport Mathiot sur la physique-chimie ?

 

Ce rapport, remis au Ministre le 24 janvier 2018, a été rédigé après une phase de consultation à laquelle a participé l’Union des professeurs de physique et de chimie. Dans cet article, nous publions quelques extraits non commentés qui concernent directement les sciences expérimentales et plus particulièrement la physique-chimie. Le texte complet du rapport (64 pages) est en ligne et le lien est donné à la fin de notre article.

Tous les extraits du rapport sont cités entre guillemets.

1) Dans la partie « Éléments pour éclairer la décision à prendre »
Page 21 (paginée 20) :
L’un des sept principes proposés « pour la mise en place d’épreuves ponctuelles » concerne notre discipline :
« 4- Les disciplines qui proposent une partie d’ECE (épreuves expérimentales) dans l'organisation du baccalauréat actuel doivent pouvoir préserver cette spécificité tout à fait pertinente sur le plan évaluatif. »

2) Sous le titre « Architecture générale et organisation »

Page 25 (paginée 24) :
« 5- Prendre pleinement conscience des nouveaux enjeux qui se posent dans nos sociétés et qui impliquent que le lycée se les approprie impérativement : informatique, numérique, développement économique et liens avec les Stem (Sciences, Technology, Engineering, Mathematics), environnement, éthique, intelligence artificielle, etc. »

Page 26 (paginée 25) :
« 10- Conduire un travail autour des programmes, de leurs périmètres, des liens entre disciplines (par exemple entre les mathématiques et la physique-chimie), des possibilités d'ajustements ou d'adaptation liées à la mise en place de niveaux et de rythmes différents d'acquisition des connaissances disciplinaires. Il est important que ce travail soit mené en liens étroits avec les associations disciplinaires de professeurs de lycée et aussi avec les représentants de l’enseignement supérieur. »

3) Sous le titre « L’organisation du cycle terminal »

a) L’Unité Générale ou Unité 1

Page 36 (paginée 35) :
« Il apparaît que cinq domaines de compétences sont plus particulièrement nécessaires au bagage de l’élève au sortir du lycée :
- l’ancrage historique et territorial ;
- les sciences ;
- la langue ;
- l’international ;
- le corps ;
- la réflexion sur le monde.

Ces domaines doivent correspondre à des enseignements proposés à l’ensemble des élèves en première et/ou en terminale, par exemple :
‐ En classe de première : français, anglais, langue vivante, éducation physique et sportive, mathématiques-informatique, histoire-géographie (pour un volume horaire total de 15 heures environ). La place du français est particulière au vu de son statut d'épreuve anticipée.
‐ En classe de terminale : philosophie, anglais, langue vivante, éducation physique et sportive, culture et démarche scientifique, histoire-géographie (pour un volume horaire total de 12 heures environ). » […]

« L’enseignement « culture et démarche scientifique » est le seul ici qui sort du registre disciplinaire classique. »
« Il nous semble très important que les élèves de terminale bénéficient d'un enseignement qui relève de la catégorie des enseignements scientifiques, car la culture commune est aussi fondamentalement une culture scientifique, qui y aborde des questions centrales pour nos sociétés (exemple : autour de l'environnement et du réchauffement climatique, de l'intelligence artificielle, de la santé) et le fasse aussi en relevant des enjeux de méthode (observer, expérimenter, lire des documents, comprendre des graphiques, etc.) »

Page 37 (paginée 36) :
Les effets de l’organisation sur le groupe classe
[…]
« Plutôt que de privilégier la constitution de classes "ouvertes", non attentives à ce que les élèves font par ailleurs, il nous paraît opportun de recommander que les élèves soient regroupés dans au moins deux catégories différentes de classes : d'un côté des classes pour ceux qui suivent des Majeures Scientifiques ; d'un autre côté des classes pour ceux qui ont choisi des Majeures non scientifiques ou dont la portée scientifique - entendu comme les sciences dites dures - n'est pas dominante. Cela signifie que le groupe classe est préservé et organisé sur la base de l'unité générale et de la Majeure suivie par l'élève. »

b) L’unité 2 d’Approfondissement et de Complément
Page 38 (paginée 37) :
« Pour les Majeures, la question principale réside dans les conditions de leur structuration. Nous avons pu identifier au gré de nos échanges trois manières différentes de les construire :
1- laisser les élèves libres à la fin de la classe de Seconde de choisir deux disciplines dans l'ensemble de celles proposées dans leur lycée en première et de se construire de la sorte leur menu ;
2- laisser les lycées définir à leur niveau le bouquet de Majeures qu'ils proposent ;
3- proposer une liste nationale de Majeures et prévoir par ailleurs la possibilité d'en proposer d'autres localement. Notre préférence se porte sur le troisième scénario. »

Proposition d’architecture pour l’Unité 2 d’Approfondissement et de Complément du cycle terminal

Page 41 (paginée 40) :
« Pour que les élèves de seconde puissent se repérer au moment de leurs choix, on propose de distinguer entre trois grandes « catégories » correspondant chacune à un certain nombre de Majeures :
- Majeures « sciences et ingénierie »
- Majeures « sciences et technologies »
- Majeures « lettres-humanités-société »
Cette mise en catégorie a une visée didactique pour les élèves et ne correspond pas à la (ré) invention de trois filières. »

Page 41 (paginée 40) :
« En l'état actuel de notre réflexion, nous proposons :
- de construire sept Majeures « sciences et technologies » qui reprennent l'architecture actuelle des séries technologiques (dont Stav dans l'enseignement agricole) et, en fonction, des Majeures s'ouvrent à une discipline dite générale de façon à aider au repositionnement de ces formations. Cette proposition se veut réaliste. Elle tient notamment compte des volumes disciplinaires plus importants dans ces séries, du fait notamment des formes de pédagogie qui y sont déployées. Il nous semblerait par ailleurs intéressant que des lycées expérimentent dans le cadre des Majeures Complémentaires des couples de disciplines relevant de ce que l'on appelle le « général » et le « technologique », par exemple SES/économie-gestion ou sciences médico-sociales/SVT.
- de proposer quatre Majeures « sciences et ingénierie » : mathématiques/physique-chimie, sciences de l'ingénieur/mathématiques, SVTE/physique-chimie, informatique/mathématiques. - de proposer cinq Majeures « lettres-humanités-société » : mathématiques/SES, SES/histoire-géographie, littérature/enseignements artistiques et culturels, littérature/langues et civilisation de l'Antiquité, littérature étrangère/LVA ou LV2. Il nous semble opportun de réfléchir à une sixième Majeure qui associerait les SES ou l'histoire-géographie avec une discipline littéraire. Le statut particulier de la littérature (car le français fait l'objet d'une épreuve anticipée à la fin de la première) et de la philosophie (qui est proposée comme discipline élémentaire à partir de la terminale) doit conduire à envisager une évolution de certaines de ces Majeures entre la première et la terminale, notamment pour intégrer la philosophie à au moins deux Majeures. »

« Nous avons conscience de faire ci-dessus des propositions de Majeures qui sont finalement assez, voire trop, marquées par les trois séries actuelles du baccalauréat général. En conséquence, il serait sans doute opportun de prévoir qu'au moins une Majeure nationale dépasse véritablement cette distinction, par exemple littérature/mathématiques ou, de façon peut-être plus disruptive SVT/histoire-géographie. »

« De même, l'EAC, que l'on a l'habitude d'associer à la littérature, pourrait être associée à l'informatique. Il serait, enfin, intéressant d'envisager la proposition de Majeures associant ce que l'on a l'habitude d'appeler des disciplines générale et des disciplines technologiques: SES/économie-gestion, SMS/SVT, économie-gestion/informatique ».

Page 42 (paginée 41) :
L’Unité 3 d’Accompagnement (orientation, projet, méthodes)
« Il est proposé que son volume horaire soit de 2 heures par semaine en seconde et de 3 heures par semaine en première et terminale et qu’il soit également prévu un volant annuel d’heures dédiées aux actions spécifiques (déplacements dans des établissements de l’enseignement supérieur, réalisation de projets collectifs , etc.)

Le texte complet (PDF, 64 pages) :
http://cache.media.education.gouv.fr/file/Janvier/44/3/bac_2021_rapport_Mathiot_884443.pdf

Infographies réalisées par l'UdPPC :

seconde

terminal



Le rapport Mathiot et la culture scientifique pour tous

 

Pour un accès universel à la culture scientifique sur les trois années du lycée !

Nous nous exprimons ici suite aux auditions menées par M. Pierre Mathiot dans la perspective d’une refonte de l’examen du baccalauréat, et à la publication de son rapport le 24 janvier 2018. L’Union des Professeurs de Physique et de Chimie, qui vient de publier le 1000e numéro de sa revue mensuelle (le « BUP »), défend un accès à la culture et à la méthodologie scientifique pour toutes et tous.
Nous réclamons que cet enseignement soit intégré dans le cadre du futur tronc commun des enseignements en lycée général et technologique en première et terminale.

Le citoyen du 21e siècle se trouve plus que jamais concerné par des questions et enjeux scientifiques dans sa vie quotidienne, dans son environnement, mais aussi lors de décisions personnelles et collectives. Pour ne citer que quelques exemples : génie génétique, bio-ingénierie, nanotechnologies, changement climatique, transition énergétique, OGM, nouveaux matériaux, exploration spatiale, big data, prégnance des théories du complot…

Pour comprendre et analyser le monde présent et à venir, à la sortie de ses études secondaires, tout bachelier, toute bachelière doit pouvoir approfondir au lycée aussi bien sa culture en humanités que sa culture scientifique, partiellement construites au collège. Il ou elle doit, entre autres, être capable de reconnaitre, comprendre et utiliser les traits caractéristiques principaux des démarches et méthodes scientifiques.

Selon nous, c’est en classes de première et de terminale, grâce à un enseignement scientifique intégré au futur tronc commun et faisant intervenir des professeurs de physique-chimie et sciences de la vie et de la Terre (SVT), que cela serait possible et pertinent. Ces enseignants sont en effet déjà habitués à travailler sur des thèmes scientifiques interdisciplinaires dans les filières L/ES actuelles, comme dans l’enseignement d’exploration MPS.

Le rapport rendu par M. Mathiot nous conforte dans cette demande, si l’on se réfère au passage suivant (page 36) :

« L’enseignement « culture et démarche scientifique » est le seul ici qui sort du registre disciplinaire classique. »
« Il nous semble très important que les élèves de terminale bénéficient d'un enseignement qui relève de la catégorie des enseignements scientifiques, car la culture commune est aussi fondamentalement une culture scientifique, qui y aborde des questions centrales pour nos sociétés (exemple : autour de l'environnement et du réchauffement climatique, de l'intelligence artificielle, de la santé) et le fasse aussi en relevant des enjeux de méthode (observer, expérimenter, lire des documents, comprendre des graphiques, etc.) »

La préconisation du rapport d'un enseignement scientifique faisant partie de la culture commune est en contradiction totale avec une césure possible, pour un grand nombre d'élèves, d'un an et demi de cet enseignement (les élèves qui choisiraient des majeures non scientifiques arrêteraient de suivre un enseignement de sciences en milieu de seconde pour reprendre en terminale).

Nous nous devons d’alerter M. le Ministre sur le danger qu’il y a aurait à négliger cette question de la culture scientifique pour tous. L’évolution du lycée accompagnant la réforme du baccalauréat prévu en 2021 pourrait conduire, sans tenir compte de notre demande, à un appauvrissement supplémentaire de la culture scientifique de bacheliers et bachelières à profil « lettres et sciences humaines » (futurs professeurs des écoles, journalistes, élus).  

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